L’invention de l’homosexualité, et la naissance d’une norme : l’hétérosexualité
Selon le philosophe M. Foucault, il existe jusqu’au XIXème siècle des pratiques homosexuels mais pas de personnes homosexuelles : le fait de coucher avec une personne de même sexe que soit, n’a pas d’incidence sur la façon dont on se définit alors par rapport aux institutions. C’est le travail psychiatriques de classification des actes sexuels qui va unifier des pratiques diverses sous une même étiquette et leur conférer une portée identitaire.
L’écrivain allemand Karl Heinrich Ulrichs travaille, dès 1862 à la défense théorique des amours entre hommes et entre femmes. Il oppose ainsi uraniens/iennes (homos) et dionysien/iennes (hétéros). Mais selon lui, les hommes uraniens éprouveraient des sentiments féminins pour les hommes et les femmes uraniennes des sentiments masculins pour les femmes. En d’autre terme, le désir est toujours orienté vers l’autre sexe.
Son travail va cependant inspirer l’écrivain hongrois Karl Maria Kertbeny qui invente en 1869 le mot « homosexualité », formé à partir du grec « homo » = même, et du latin « sexus » = sexe. Historiquement, l’hétérosexualité est donc née de l’homosexualité.
Fort de cette nouvelle opposition, médecins et neurologues européens tentent d’observer les différences de pratiques entre homosexualité et hétérosexualité. Mais, ils opèrent toujours la comparaison à partir du modèle hétérosexuel. C’est pourquoi en 1870 le psychiatre allemand Karl Friedrich Otto Westphal décrit l’homosexualité comme un « sentiment sexuel contraire » et, en 1897 son homologue anglais Havelock Ellis parle d’ « inversion sexuelle ». L’hétérosexualité est devenue la norme.


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